D’après Eurostat, une direction générale de la Commission Européenne chargée de construire et publier des données statistiques au niveau communautaire, les principaux obstacles au développement du commerce international dans la Communauté Européenne sont la langue et la culture. Viennent ensuite les droits de douane, les incertitudes sur les normes internationales et enfin les contraintes juridiques et administratives.

Langue et Culture

S’il est un obstacle majeur à l’expansion des échanges commerciaux entre pays étranger, c’est bien la barrière linguistique et culturelle qui apparaît comme immuable. Au Royaume-Uni, c’est le principal obstacle pour 14,5% des entreprises (13,4% au Portugal, 12,3% en Slovénie, 11% en Irlande). En revanche, la culture et la langue ne sont pas du tout un obstacle au commerce international en Norvège (5.5% des entreprises) et en Allemagne (4.8%).

En comparant ces données avec le niveau de multilinguisme des pays Européens, on remarque que les pays pour lesquels langue et culture ne sont pas des contraintes au commerce international sont aussi ceux dans lesquels la population est plus ouverte aux langues étrangères. Par exemple en Norvège, 92.1% de la population parle au moins une langue étrangère et en Allemagne, 56% de la population est capable de tenir une conversation en anglais. A contrario, au Royaume-Uni, seulement 34.6% de la population parle une langue étrangère.

Si l’anglais apparaît comme la langue principale pour les affaires, elle n’est pas suffisante. En en effet, il a été démontré que même si l’usage d’un langage commun est nécessaire au développement d’une activité dans un pays étranger, la maîtrise de la langue officielle du pays d’implantation est primordiale pour la pérennisation de ces activités. L’idéal est d’apprendre à parler les langues étrangères, prendre des cours de langues, s’immerger … Mais au moins connaître quelques mots clés et formules de politesse.

Par ailleurs, beaucoup d’entreprises n’ont pas réussi à développer leurs affaires par méconnaissance de la culture du pays d’implantation. Un modèle d’affaire qui marche en Europe ne sera pas forcément applicable à l’identique dans un pays d’Amérique du Sud dans lequel la langue, les coutumes et les habitudes sont très différentes.

La culture est un élément primordial de la vie des populations. Tout entrepreneur qui souhaite développer son commerce à l’étranger devrait se renseigner sur les us et coutumes de ses interlocuteurs : la façon de se comporter, la communication non verbale ou les spécificités culturelles varient énormément entre les pays, et un même geste aura une signification différente. Attention à ne pas faire d’impairs : par exemple, dans certaines régions du monde, un simple petit cadeau peut être interprété comme un pot-de-vin, alors que dans d’autres pays c’est un élément habituel, voire nécessaire, des négociations commerciales.

On ne rappellera donc jamais assez l’importance de l’apprentissage des langues étrangères. Au-delà même du « simple » multilinguisme, s’intéresser aux différentes cultures qui font la richesse de notre monde permettra un meilleur développement des affaires commerciales, et surtout un enrichissement personnel inestimable pour l’apprenant. Même s’il est difficile de parler toutes les langues couramment et de connaître toutes les cultures, l’important est de s’y intéresser : parler quelques mots, se renseigner sur les habitudes, les spécialités culinaires, la communication non-verbale …

Droits de Douane

La deuxième barrière importante pour le développement du commerce international en Europe sont les droits de douanes, taxes prélevées sur les marchandises importées. Une part importante des entreprises de Suède, Allemagne, Finlande et Slovénie considère ces taxes comme un obstacle aux échanges commerciaux internationaux. A l’inverse, peu d’entrepreneurs Italiens et Portugais voient cela comme une barrière.

A noter que l’union douanière de l’UE, créée en 1968, harmonise les droits de douane sur les marchandises provenant de l’extérieur de l’UE et n’applique aucun droit de douane en interne.

Fiscalite

Quand on parle de commerce international, on évoque souvent la pression fiscale subie par les entreprises, ces impôts qu’elles doivent payer sur leur production, sur les salaires versés…

Cette fiscalité, variable selon les pays, est une barrière importante au commerce international pour beaucoup d’entreprises en Suède, au Danemark, en Finlande et Italie. En Allemagne et au Portugal, la fiscalité est peu souvent considérée comme un obstacle.

Au sein de l’UE, La Roumanie est une origine d’importation majeure. De grands constructeurs automobiles mondiaux y ont localisé une partie de leur production, notamment pour le faible coût de la main d’œuvre. En terme de fiscalité, la Roumanie se classe au 49ème rang du classement PwC Paying Taxes 2019, qui mesure la facilité de paiement des impôts dans 190 économies du monde entier (https://www.pwc.com/gx/en/services/tax/publications/paying-taxes-2019.html). Elle enregistre un gain de 8 places dans ce classement entre 2018 et 2019. Le taux d’imposition total dans ce pays est de 40% du bénéfice.

Hors UE, La Chine et la Russie sont importants pour le marché Européen. Ainsi, 22% des produits exportés de la Chine sont destinés à l’Europe. En Russie, c’est 53%.

Normes Internationales

Le nombre de normes et le contrôle du respect de ces dernières sont autant de critères qui peuvent freiner les entreprises dans leur développement à l’international. C’est du moins le ressenti de 11.1 % des entreprises en Norvège, 11% en Suède, 10.8% aux Pays-Bas et 10.7% en Finlande. Au contraire, c’est rarement une barrière pour les entreprises en Italie et au Royaume-Uni.

La norme ISO9001 définit les exigences pour la mise en place d’un système du contrôle de la qualité de produits ou service. Internationale et généraliste, elle est adoptée par de nombreuses entreprises pour attester de la qualité de leur production. Ainsi, la norme ISO9001 représente 40.8% des certificats délivrés en Europe, 45.5% en Asie…mais seulement 4% en Amérique du Nord.

La Chine caracole en tête du classement du nombre de certifications ISO 9001, mais les fausses certifications sont malheureusement récurrentes dans ce pays.

L’organisation Transparency International a imaginé un indice de perception de la corruption (IPC https://www.transparency.org), fondée sur des enquêtes d’opinion pour tenter d’évaluer les niveaux de corruption dans le monde. Entre 2015 et 2018, parmi les bons élèves qui ont pu diminuer la corruption, on retrouve l’Estonie, la Côte-d’Ivoire, la Guyane et les Seychelles. En revanche, la corruption a augmenté au Qatar, en Finlande, en Uruguay … et aux USA

Dans un article publié en 2014 dans la revue Universia Business Review , les auteurs se sont intéressés à la corrélation entre l’IPC et l’attribution de certifications ISO 9001.  Leurs conclusions indiquent que le niveau de corruption a une influence faible mais significative sur la diffusion nationale d’ISO 9001, particulièrement pour les pays développés.

Juridique et Administratif

Les problèmes d’ordre législatif ou administratif sont considérés comme une barrière aux échanges commerciaux internationaux en Finlande, Suède, Pays-Bas et Irlande. Ces aspects ne sont pas considérés comme problématiques au Portugal et au Royaume-Uni.

L’organisation Doing Business mesure le temps et le coût pour la résolution d’un litige commercial pour chaque pays. Ces indicateurs permettent aux entreprises d’évaluer les pays dans lesquels l’exécution des contrats commerciaux et la résolution des litiges par les tribunaux est facilitée. Ainsi, Singapour, La Corée du Sud et la Norvège font partie des meilleurs pays pour l’exécution de contrats commerciaux, au contraire du Bangladesh, de la Birmanie et du Timor Oriental dans lesquels la durée et le coût de résolution des litiges peuvent coûter cher (https://www.doingbusiness.org/en/data/exploretopics/enforcing-contracts).